Dimanche 24 mai 2009
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Il existe, nous le savon tous, une grande partie de notre population qui ne s'exprime
jamais. Elle a son avis sur la question mais ne manifeste ni ne pétitionne. Aujourd'hui à la cité Arc-en-ciel, ce sont justement ces habitants qui se réveillent avec une sacré surprise.
Chacun se rappelle que cette cité HLM, anciennement composée d'une cinquantaine de logements indiviuels dépourvus de tout confort ou rendus vivables par l'effort de leurs occupants, avaient
été démolie puis reconstruite il y a maintenant deux ans.
62 pavillons, logements HLM, mais de très bonne facture, ont donc été livrés pour la plus grande joie de leurs occupants ainsi que des voisins. Le tissu pavillonnaire de ce quartier est
enfin terminé sans que ne soit dénaturée la typologie du quartier.
Au milieu de ce quartier pavillonnaire, trône un espace encore en travaux mais qui était destiné sur le projet initial à une aire de jeux pour enfants ou au pire à un équipement public de type
crèche, espace pour les anciens ou pour les associations. Ce projet avait fait l'objet d'une très large consultation de tout le quartier. Eh oui, la démocratie a existé avant l'arrivée de Gérard
Segura à la mairie.
C'est d'ailleurs là le superbe paradoxe de notre nouveau maire. Il vient en effet de décider que l'espace vert deviendrait un immeuble de 24 logements au beau milieu de la cité
pavillonaire. Je dis "décider" parce que les riverains comme nous, conseillers municipaux d'opposition, n'avons découvert le projet qu'en début de semaine et par hasard.
Quelle ironie de lire en permière page d'Oxygène cette semaine que les habitants sont les acteurs de leur ville !
Alors comme pour calmer les choses, le maire affirme que rien n'est fait, mais le permis de construire est déposé et il a envoyé aujourd'hui quelques "amis" pour essayer de convaincre du
bien-fondé du projet.
Le permis étant à l'instruction, personne ne peut le voir mais rien n'empêchait de consulter les habitants avant. D'autant que le permis étant déposé, selon nos informations, par l'Ophlm, et le
maire en étant son président, on imagine mal qu'il n'y ait pas réfléchi avant et donc déposé en toute connaissance de cause.
Quelques personnes, dont la femme d'un élu de la majorité, étaient venus pour estimer le nombre de "manifestants" et essayer de leur glisser le message "faut bien construire, ici ou ailleurs,
c'est pareil". Mais les discussions ne furent pas facile notamment avec l'épouse d'un de nos chers adjoints qui cru bon de dire aux habitants qu'ils étaient de "sales égoistes". Quelle
diplomatie, sûr qu'elle a réussi son coup !
Il faut dire également que les 200 riverains présents, avec une pétition qui a déjà rassemblé 300 signatures, ont été quelque peu agacés par la présence d'"émissaires" non officiels sensée combler une absence assourdissante de membres de la
majorité municipale. Le sens de l'écoute, sûrement.
Venons-en au fond à présent. Gérard Segura a décidé de construire partout des logements HLM. Dès qu'un terrain est disponible, il veut y faire ce type de logements.
Il y a un besoin important de logements, cela est une certitude mais cela ne signifie pas que la seule solution qui existe soit la construction de logements HLM. En effet ce qui bloque depuis
tant d'années, c'est la très très faible mobilité qui existe dans le parc HLM et qui réduit donc les attributions possibles à ceux qui en ont besoin.
Peut-on faire autrement ? Evidemment que oui, mais cela n'est pa sla philosophie de la nouvelle majorité. En effet notre ville dispose de logements en accession à la propriété dont les tarifs
sont élevés parce que leur nombre est insuffisant. De plus les études urbaines faites en 2004 démontraient qu'il manquait beaucoup de logements dit "intermédiaires" , c'est à dire en accession à
la propriété ou en location à des tarifs très abordables, pour permettre à ceux qui veulent quitter les logements HLM de le faire et ainsi obtenir plus de fluidité dans le parc social.
Ces constructions peuvent s'opérer par densification des grands axes, ce que nous avions prévu avec le nouveau PLU. C'est la seule solution pour éviter de "miter" le tissu pavillonnaire.
Mais l'ambition de Gérard Segura n'est pas celle-là. Il a l'ambition, non pas de répondre à la problématique du logement, mais de d'attirer par la construction de logements sociaux
supplémentaires un électorat qui lui serait favorable.
En effet, il y a dans les villes autour de nous quantité d'exemples de villes qui abondent d'encore plus de logements sociaux qu'à Aulnay (quand même 37 %) et qui ne résolvent pas la crise
en augmentant cette offre-là. S'il faut du logement social, on n'a pas forcément de gros revenus quand on débute dans la vie (ce fut mon cas), il est illusoire de vouloir en faire la norme.
Dugny, avecc ses 80% de logements sociaux, nous montre que c'est une fuite en avant.
D'autant qu'il suffit de poser la question à tous les demandeurs de logements : ont-ils besoin d'un logement ou d'un logement social ?
Si Gérard Segura n'a à proposer, aux aulnaysiens comme seul horizon, que le logement social, des superettes hard-discount, des commerces ambulants (comme à la gare), alors c'est que nous
prenons la voie de garage. Manque plus qu'un concessionnaire Dacia ou Tata.
Après la mobilisation de la rue des Saules, celle de la cité Arc-en-ciel démontre que les aulnaysiens pourraient bien cesser de se comporter comme des agneaux...
Par Frank CANNAROZZO
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Publié dans : L'actu locale
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