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44 ans, né à Aulnay


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Mais être vrai est difficile parce que les gens n'en ont plus l'habitude.
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Mercredi 21 juin 2006 3 21 /06 /Juin /2006 00:20

Le projet de loi sur l'immigration présenté par Nicolas Sarkozy fait débat autour d'un terme qui fait raccourci "choisie".

 

Je veux donc ici livrer ma vision des choses, celle que j'ai construite en étant sur le terrain.

 

Il est vrai que ceux qui émigrent dans un but définitif ne le font pas le plus souvent de gaité de coeur, ils fuient souvent la guerre, la misère ou la faim. Cest le cas de l'immigration venus d'Afrique, du Proche-Orient ou du Sud-Est asiatique. Reconnaissons qu'ils voient dans les pays européens une issue de secours et que cela est compréhensible.

 

Mais pour les pays qui accueillent le plus librement, ce qui est notre cas, se posent des problèmes liés à la concurrence de l'attrait du pays d'accueil. Car ne nous voilons pas la face, les immigrants choisissent à la fois les pays les plus protecteurs et les plus conciliants. Le problème est que cet état de fait nous contraint à supporter une pression toujours plus forte de ce point de vue, mettant à mal l'équilibre entre la possiblité d'accueil et la possibilité d'intégration.

 

Nous avons depuis trop longtemps négligé ce souci d'intégration au profit de celui de l'accueil, qui fonctionnent avec des moyens différents sur des temps différents. Et aujourd'hui nous payons le prix d'une intégration ratée qui nous oblige à revoir notre politique d'accueil.

 

Pendant très longtemps, nous avons considéré que l'intégration se faisait avant tout par le travail, et par le logement. Les populations du magreb, comme celles de l'afrique noire se sont installées avec le boum économique des années 60 et 70. Elles ont pu à l'époque bénéficier de logements et d'emplois, et pourtant leurs descendants nous renvoient une image de population mal intégrée.

 

Je pense que nous avons négligé en premier lieu la langue et l'apprentissage de nos règles sociales. Sous prétexte de ne pas vouloir juger de l'histoire de ces populations, nous nous sommes interdit de définir à leur arrivée les conditions de leur réussite. Nous avons fait comme si ils pouvaient s'intégrer sans parler ou écrire la langue, sans connaitre nos règles de vie en communauté. Ainsi beaucoup des ces personnes, encore aujourd'hui, ne parlent toujours pas notre langue. Au contraire, ils ont autour de leur langue, de leur culture, de leurs rites, reconstituer une partie du pays d'origine, glissant lentement vers la cohabitation et non l'intégration. Qui peut croire que l'on vit bien ailleurs sans en posséder la langue ou les règles de vie ? C'est pourtant ce que nous avons fait.

 

Aujourd'hui leurs enfants, parfaitement intégrés eux, puisqu'ils ne connaissent que cette langue et n'ont pour la plupart jamais mis les pieds dans leur pays d'origine, voient leurs parents qui ne sont pas intégrés et se retrouvent eux-même dans le doute de cette intégration, d'autant plus que la situation économique et celle du logement ne donnent pas ces mêmes apparences d'une réussite sociale.

Or l'intégration implique un contrat clair avec le migrant, pour qu'il ait les clés de sa réussite. En ne l'imposant pas, on peut paraitre "gentil", "humaniste", en réalité on prépare l'échec. Ainsi j'ai vu des parents en toute bonne foi croire que "comme au village", l'enfant dehors, en bas de l'immeuble sera sous la surveillance de la communauté, en réalité il est pris en charge par les voyous. J'ai vu des parents en toute bonne foi, laissé le mercredi après-midi et le samedi leurs enfants dans la cour de la bibliothèque avec un sandwich, croyant qu'ils y resteraient bien sagement parce que quelqu'un les surveillerait de sa fenêtre, en réalité ils vont "jouer" ailleurs. J'ai vu des parents confier la responsabilité, d'accompagner et d'aller chercher à l'école, leurs enfants, à leur oncle de 12 ans ! J'ai vu des enfants, à l'école, jouer le traducteur entre le professeur et leurs parents, en réalité ils traduisent ce qu'ils veulent. Tous ces enfants sont donc "confiés" à la collectivité avec un contrat implicite pour leurs parents, alors qu'en réalité il n'existe pas, nous ne fonctionnons pas ainsi. Dans beaucoup de ces cas, les enfants font vite le bilan de la liberté qu'ils gagnent et d'autres leur montrent rapidement comment ils peuvent en faire un gagne-pain. Leurs parents ne s'en aperçoivent que trop tard, le mal est fait. Voilà pourquoi ces enfants sont surexposés aux problèmes de délinquance.

Les pédopsychologues dénomment par "affection et supervision" les deux actions que les parents réalisent à l'encontre de leur progéniture. Et les études en la matière montrent que la supervision est plus importante que l'affection si on veut éviter les dérives. Dans les  cas que je viens de présenter, on se doute bien que c'est justement la supervision qui manque, par manque de connaissance de nos règles de vie.

Le projet de loi instaure deux mesures qui me semblent de nature à résoudre cette conséquence : l'obligation d'apprendre la langue, et faire venir sa famille que quand on a les moyens d'en assurer la subsitance et l'encadrement. Ce sont des mesures nécessaires à la réussite, pour ne pas contineur à payer ultérieurment l'addition au prix fort.

Le reproche souvent fait à ce texte est de priviliégier seulement les élites de ces pays de migration voire des les "voler". C'est franchement ignorer l'actuelle situation. L'ensemble des élites de ces pays se sont toutes faites formées dans les pays européens ou aux USA, ils n'ont pas attendus. Une partie y retourne, et une partie reste, cela  a toujours été. Je crois par ailleurs qu'en indiquant un certain degré de sélection, nous inciterons plutôt ces élites à venir effectivement travailler chez nous pour une période donnée avec l'envie de rentrer au pays participer au développement. Le fait aujourd'hui de n'exercer aucune sélectivité a comme résultat un pillage en règle de toute la main d'oeuvre, du moindre encadrant, qui amassant un petit pécule ne rêve plus que de fuir, laissant son pays exsangue des hommes les plus solides. Comment assurer dans ces conditions leur développement futur ?

Le projet de loi instaure là aussi des règles susceptibles d'inverser la tendance: un meilleur accueil pour ceux qui viendront, suivre des enseignements de grande qualité, occuper des postes de grand intérêt, avec l'objectif d'en faire une période transitoire avant un retour au pays doté d'un meilleur baggage. Ce sont là aussi des mesures nécessaires car le pillage "menaçant" n'est pas celui des élites qui ont déjà le choix mais celui de l'ensemble des autres forces vives qui s'accrochent à l'espoir et finissent dans des squatts.

Faire des choix avant de s'engager, contractualiser des objectifs communs, voilà des moyens d'éviter les écueuils passés et actuels, aux bénéfices du pays d'accueil comme des migrants !

Par Frank CANNAROZZO - Publié dans : L'actu nationale
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