Partager l'article ! Ancienne concession Renault : le maire dans l'impasse: Quand on roule à gauche, on risque l'accident ! C'est ce qui est arrivé ...
44 ans, né à Aulnay
Conseiller Municipal
Ancien Adjoint au Maire
Quand on roule à gauche, on risque l'accident ! C'est ce qui est arrivé à monsieur Segura, pressé de faire absolument quelque chose avant de nouvelles élections.
Ce dossier ne prête pourtant pas à rire ou à polémiquer mais le maire s'est volontairement mis dans une impasse.
Rappelons l'historique de ce terrain.
Incendié lors des émeutes de 2005, nous sommes longtemps restés dans l'attente de savoir si une nouvelle concession Renault verrait le jour. La réponse fut clair de la part du propriétaire : vendre.
Tout le monde a sûrement oublié mais il a fallu un travail important des services de la ville pour aider le concessionnaire afin d'éviter le licenciement, faute de locaux et de travail.
Tout le monde a également oublié la venue sur ce terrain d'un camp de nomade dont nous avions tenté de stopper l'installation le matin même avant que l'on nous interdise d'intervenir. En effet, ces nomades étaient sous le coup d'une enquête judiciaire pour plus de 600 cambriolages. C'est la gendarmerie chargée de l'enquête qui nous demanda de ne pas intervenir afin de leur laisser le champ libre quelques semaines plus tard. C'est ainsi qu'un beau matin, plus de 250 hommes sont intervenus pour aller chercher une vingtaine de personnes. Le campement lui resta ainsi plusieurs mois paralysé par cette affaire judiciaire avant l'arrivé d'un nouveau campement, celui évincé à la fin de l 'été 2008.
Je rappelle tout cela parce que beaucoup de personnes ont la mémoire courte et ne retienne que ce qui les arrange : des ruines pendant 3 ans.
Personne ne peut nier le caractère nuisible de l'état de cette parcelle que cela soit pour la cité de l'Europe voisine mais aussi plus largement pour la ville. Rappelons tout de même que tous les autres stigmates de ces émeutes ont bien été effacés par la ville, ce terrain est un cas à part.
Le propriétaire, on le comprend d'ailleurs, cherche à tirer le meilleur profit de la vente de ce terrain. C'est donc un promoteur de commerces de restauration qui s'est présenté pour un projet certes fondé en terme commercial mais inadapté aux autres projets qui l'entourent.
Comme nous l'a longuement expliqué Alain Amédro, adjoint chargé des questions d'urbanisme, il faut savoir dire non aux promoteurs quand on estime que ce n'est pas l'intérêt général.
Alors en quoi ce projet est-il gênant ?
Parce que trois autres projets à proximité ne peuvent se concilier avec celui-ci.
Le premier est celui du projet de centre-ville sur le boulevard urbain entre la rose des vents et les étangs. Ce centre-ville a besoin d'une locomotive commerciale, c'est-à-dire d'un supermarché capable d'entraîner du flux afin d'irriguer les commerces de proximité voisins. Le maire en voulant faire ouvrir un petit supermarché, même bio, sur le terrain Renault compromet fortement l'implantation de la locomotive sur le boulevard urbain à moins d'un kilomètre !
Le second est celui du projet de surface d'activité tertiaire sur le boulevard urbain, juste au dessus du Renault. Alors qu'une partie des clés de la réussite future de notre territoire passe par la reconversion de notre tissu économique du «tout » logistique vers plus de tertiaire ou les débouchés seront plus nombreux et plus qualifiés, réaliser juste à côté un projet qui n'aura ni la complémentarité ni la capacité d'en être l'extension, c'est aussi compromettre ce dernier.
Le troisième enfin est celui de la requalification globale de nos zones d'activités en allant des Mardelles (près de la piscine et Balagny) jusqu'à Parinor. En effet, de vastes projets qui sont le pendant de la rénovation urbaine des quartiers nord sont en passe de démarrer. En tous cas, nous avions tracé les objectifs et dessiner les plans. Ces énormes projets avaient pour conséquence de reconfigurer totalement la sortie de l'autoroute A3 afin qu'elle ne déverse plus ses camions sur le rond-point de l'Europe. Celui-ci pourrait alors devenir une grande place avec une contre-allée qui se remplirait justement de commerces de restauration. Ainsi la jonction urbaine serait faite entre les commerces de la rue Jacques Duclos (qui ont du mal à vivre) et les pôles commerciaux autour du Novotel, et même plus loin Parinor.
Evidemment, on comprend bien que ce que l'on va faire aujourd'hui sur le terrain Renault rendra possible ou pas tout le reste. Faire aujourd'hui ce que veut le promoteur, c'est voir petit, tout petit, c'est assurément se mettre une balle dans le pied pour demain.
Alors que la politique c'est justement voir au-delà de soi-même, au delà de son propre mandat, monsieur Segura veut remplir un objectif court terme sans se soucier de la suite. Et mieux il essaie de le vendre comme un progrès, une preuve irréfutable de son efficacité ! Il surfe encore une fois sur le sentiment légitime des gens de voir disparaître cette cicatrice. Mais à quel prix pour le futur ?
D'autant qu'en vendant ce projet sur la cité de l'Europe, le maire a fait croire que cela donnerait des emplois aux gens du quartier. Or, chacun sait que dans le domaine du commerce, il faut là aussi être diplôme si ce n'est formé. Or ceux qui dans le quartier souffre du chômage ne sont pas en possession des formations qui seront demandées. Ce projet risque donc de devenir vite une vitrine de la société de consommation sous les yeux de ceux qui n'arrivent pas à y accéder. Rien sur la formation, rien sur les garanties négociées avec les enseignes qui s'installeraient. Dans les réunions publiques au Cap ou à l'école Croix-Rouge, monsieur Segura s'est d'ailleurs bien gardé de garantir quoique ce soit, tant il sait que c'est inutile. Vous me direz il le savait avant d'être élu. C'est vrai, mais mentir pour se faire élire ne l'a jamais gêné !
Enfin le comble du ridicule de ce projet, c'est qu'après les caricaturaux procès d'intention autour de l'installation du Mac-Donald au carrefour de la négresse, voilà que l'on veut installer un KFC, le mac-do du poulet, sur ce fameux terrain. Un comble pour nos chers amis verts qui fracassaient la malbouffe quand ils étaient dans l'opposition. Etonnant ! ils ont sûrement négocié l'arrivée du petit supermarché bio, une bonne chose en soi. Mais quand on sait que les produits y sont 10 % plus chers que la normale, dites moi donc comment les habitants des quartiers voisins, vont faire pour les acheter ? Crédit à la consommation ? Encore une fois le grand écart a ses limites.
Le meilleur est tout de même pour la fin. L'installation d'El Rancho à cet emplacement, une bonne enseigne par ailleurs, aurait signé la fermeture de la même enseigne à Parinor, concurrence oblige. Déshabiller Paul pour habiller Jacques, on sent le progrès, indéniablement.
Que dire enfin de la méthode de monsieur Segura !Je lisais ce week-end la feuille de choux humoristique du parti socialiste. Bientôt sur les planches tous ces fameux acteurs !
En effet, ceux-ci annoncent tout de go que c'est l'opposition municipale et l'UMP qui bloquent ce dossier. Incroyable pouvoir que nous avons, rien que ça !
Imaginez donc, nous sommes tellement fort dans l'opposition que maintenant on peut bloquer les dossiers du maire, décider à sa place de ce qu'il faut faire, et bientôt on va nous même rédiger Oxygène !!! Si ce n'est pas du charlatanisme, il va falloir qu'ils s'expliquent sur notre pouvoir surnaturel !
Evidemment le tract oubli une partie de l'histoire. Le maire a tout simplement signé un permis de construire illégal. Les services municipaux l'avaient prévenu : le préfet annulera le permis. Car être maire, ce n'est pas être au dessus des lois, c'est l'appliquer. Mais monsieur Segura, comme à son habitude se croit irrésistible, infaillible, et surtout tout permis. Il l'a dit d'ailleurs plusieurs fois en conseil municipal, cela ne le dérange pas de ne pas appliquer la loi. Mais alors qu'est-ce qui protège les citoyens, les aulnaysiens de l'arbitraire ? Au-delà du risque juridique et financier que court la ville, il s'agit de notre image et de la question inévitable : quelles autres règles ne respecte-t-il pas ?
L'entourage du maire n'a lui qu'une idée en tête : avoir fait quelque chose de concret en un an avant de nouvelles élections. Quand on fait le compte, c'est vrai qu'on cherche vraiment. Sauf si l'on ajoute les opérations publicitaires bien sûr !
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Vous avez dit ...