Partager l'article ! Le conseiller à la sécurité du Maire de Bogota à Aulnay: Lundi soir, j'ai reçu Monsieur Velasquez, conseiller pour la sécurité ...
44 ans, né à Aulnay
Conseiller Municipal
Ancien Adjoint au Maire
Lundi soir, j'ai reçu Monsieur Velasquez, conseiller pour la sécurité citoyenne auprès du Maire de Bogota.
M. Velasquez est venu en Europe quelques jours pour visiter Paris et Barcelone sur les questions de la sécurité urbaine. Son voyage en France est organisé par le Ministère de l'Intérieur, et c'est ce dernier qui nous a contacté.
La direction générale de la police nationale m'a en effet demandé si je voulais bien expliquer à M.Velasquez comment nous traitions cette question sachant qu'il recherchait avant tout un site urbain sur lequel les élus sont très impliqués. C'est ainsi que j'ai pu expliquer lundi soir à M.Velasquez notre politique dans ce domaine.
Deux heures de discussion intenses lui ont permis de comprendre l'ensemble de notre démarche et des moyens mis à notre disposition pour faire face à un maximum de situations. Il a visiblement apprécié cet échange et m'a affirmé trouver nos méthodes très interessantes pour compléter le dispostif mis en place à Bogota.
je vous livre donc ce que je lui ai indiqué :
Schéma d’une politique locale de sécurité et de prévention
Nous considérons que la diversité des situations rencontrées dans le domaine de la délinquance amène à adopter des stratégies différenciées et complémentaires. L’objectif est de pouvoir répondre graduellement à la situation tout en évitant de laisser dans le dispositif des trous susceptibles de rendre inefficace une partie du dispositif.
Þ Prévention
Dans ce cadre stratégique, nous coopérons aux actions de prévention spécialisées dirigées sur la ville par le conseil général au travers d’un contrat d’objectifs en termes de territoires, de situation et de public. 6 personnes travaillent sur la ville.
Þ Médiation
Nous poursuivons une politique de médiation essentiellement tournée vers un public de collégiens, avec pour objectif de les amener à régler leurs problèmes, leurs différends par le dialogue plutôt que par
Þ Dissuasion
Nous assurons une mission de dissuasion à travers une
Þ répression
La mission de répression est avant tout assumée par les services de la police nationale. Elle est soutenue par la ville à la fois par une collaboration sur les données permettant de mieux connaître le territoire, et par une participation de la
L’action humaine est primordiale mais elle ne doit pas suppléer à la non-prise en compte de l’environnement dans la développement de
Þ Sécurité subjective
Le sentiment de sécurité est autant nourri par les faits que par le sentiment que procure le territoire, par les traces ou les conséquences de sa détérioration. L’urbanisme doit à la fois organiser le territoire pour le rendre plus agréable, plus beau mais aussi plus sûr en maîtrisant l’imbrication des différentes composantes urbaines, habitat, commerces, rues, espaces privés, publics, de loisirs, de calme, etc. la différenciation des espaces ou chacun sait d’entrée ce qu’il peut et ne peut pas faire participe créer le sentiment de sécurité. L’espace maîtrisé laisse moins de prise aux troubles.
Þ Sécurité passive Placer des policiers ou des surveillants à chaque coin de rue est matériellement impossible, financièrement infaisable, et humainement non souhaitable. Pour autant un certains nombre d’actes peuvent être dissuadés par des moyens de sécurité passive. Trois types peuvent être mis en place : ceux qui organisent la sécurité routière comme les dos d’âne, les chicanes, les zones 30, les barrières et potelets ; ceux qui organisent la sécurité des biens, comme les alarmes anti-effractions sur les bâtiments, l’habitat, les véhicules, les alarmes anti-agression, les codes d’entrée dans les immeubles, les caves, les garages ; ceux qui organisent la surveillance des zones à risque, comme la surveillance vidéo des zones commerçantes, de transport, scolaires, ou de loisirs.
Þ Sécurité active
Enfin les moyens humains déjà décrits sont répartis de manière complémentaire aux moyens de sécurité passive, privilégiant le contact avec les habitants ou l’intervention rapide sur site. Leur action est basée essentiellement sur les données urbaines et sociologiques et sur l’évolution des situations sur le territoire. Comme dans le cas de la sécurité passive, il s’agit d’organiser une stratégie globale qui vise à mettre en face d’une situation spécifique la bonne réponse au bon moment. La difficulté repose invariablement sur le fait de disposer des bons renseignements en temps voulu et d’une stabilité des effectifs qui permettent d’associer expérience et force de frappe.
L’ensemble des moyens doit être utilisé, s’en priver serait assurément se priver de synergie. La coordination de tous ces moyens est primordiale car d’elle dépend le fait de simplement poser des morceaux de puzzle les uns à côté des autres ou des les assembler.
Þ Organisationnels La loi donne au maire la possibilité d’animer à la fois le conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance et de faire fonctionner le conseil local de sécurité. Définissons les l’un comme un organe de discussion et de propositions et l’autre comme un organe de coordination rendant opérationnelles les actions prévues. A travers ce dernier, les partenaires de la ville d’Aulnay se retrouvent autours de 3 thèmes gérés par trois commissions : l’action policière et judicaire, la gestion des services et des espaces publics, l’action socio-éducative.
Þ Humains Les moyens humains ont été décrits plus haut pour ce qui concerne la ville, auxquels on peut également ajouter un bureau d’aide aux victimes, une direction de la prévention et de la sécurité, un observatoire de la tranquillité, les services sociaux et les services d’insertion par l’économie pour ce qui concerne l’action de la ville d’Aulnay.
Þ techniques La priorité donnée à ces moyens est récente et a pour but de ne pas tout faire gérer par les moyens humains au risque de les disperser ou de devoir sans cesse les surdimensionnés. Ils n’ont pas la même valeur que l’action humaine mais ils contribuent efficacement à éviter les dérives comportementales, prémices à l’abandon de la responsabilité de chacun dans l’espace public.
Aujourd’hui la taille et la diversité des zones à l’intérieur même d’une ville obligent à une vision certes globale mais aussi à l’adaptation des moyens à cette diversité. Il ne sert à rien de tout vouloir résoudre par une solution unique et une méthode unique.
Þ Zones commerciales, économiques Les grandes galeries commerçantes possèdent des moyens de sécurité accrus et ont grâce à cela peu à pâtir des actions délinquantes. Les zones commerçantes de proximité sont devenues une cible plus facile, l’indépendance de chaque commerçant étant un frein à la mise en place de mesure collective en même temps qu’une aubaine pour les délinquants. Une surveillance vidéo couplée à des patrouilles organisées autour des périodes les plus critiques (ouverture et fermeture) est une bonne solution.
Les zones économiques sont la cible d’une délinquance plus affirmée, à mi-chemin du banditisme. Des moyens importants de contrôles d’accès et de vidéosurveillance sont des bons moyens de dissuasion. Il est également nécessaire d’avoir un réseau d’interlocuteurs « sécurité » dans les entreprises pour ne pas laisser de « trous » dans le dispositif de contrôle du territoire.
Þ Zones de transports Les zones de transport brassent des quantités importantes de voyageurs, rendant difficile une surveillance humaine efficace. Il faut là aussi privilégier une surveillance vidéo et un système d’alerte rapide utilisable par les usagers. L’intervention humaine doit être couplée aux horaires les plus critiques, en même temps qu’à des interventions plus aléatoires dans le temps pour insécuriser les auteurs potentiels.
Þ Zones de loisirs Les zones de loisirs sont des cibles de choix pour de jeunes délinquants vis-à-vis d’autres jeunes. Les sports amènent les jeunes qui s’y adonnent à disposer de matériels, de vêtements qui sont recherchés. Le fait d’utiliser des vestiaires est par exemple favorable au repérage. Ces zones doivent être particulièrement surveillés car les adolescents victimes ne parlent pas facilement et déposent rarement plainte. Dans ce cas précis la vidéosurveillance permet de dissuader, de rassurer l’utilisateur et de permettre de parfaitement identifier les faits et les auteurs.
Þ Zones scolaires Pour les zones scolaires, la démarche est la même car ce public n’est pas très bavard vis-à-vis des autorités. De plus le racket se fait souvent au plus près de l’établissement avant l’accès au transport en commun. La surveillance vidéo de ces zones permet de diminuer considérablement la possibilité d’action des racketteurs.
Þ Zones résidentielles Les zones résidentielles au contraire des zones précédentes ne bénéficient pas de vidéosurveillance. En effet, il faudrait d’abord faire des choix forcément injustes et inefficaces compte-tenu de l’étendue du tissu résidentiel, et enfin il n’est pas souhaitable que les habitants se sentent épiés chaque fois qu’ils entrent et sortent de chez eux, même si ce n’est pas la vocation de la vidéosurveillance. C’est donc la surveillance humaine avec la mise en place d’un parcours régulier en fonction des différents points signalés comme « à risque » qui est privilégiée.
L’une des difficultés majeures dans la gestion de la sécurité est l’adéquation des effectifs avec la nécessité temporelle. Les organisations privilégient bien souvent une répartition identique des effectifs tout au long de la journée, ce qui est plus simple pour gérer des roulements. Mais de fait ces organisations sont débordées par la délinquance qui vit sur un autre rythme qui profite de ce décalage pour être plus efficace.
Þ Période calme
Hormis le début de journée sur les zones commerçantes, de transport et scolaires, les matinées sont plutôt des périodes calmes. Il n’est donc pas utile de concentrer les effectifs sur ces périodes.
Þ Période à risques Pour les délinquants d’habitude, la journée commence au plus tôt à 12h voire 14h pour se terminer tard dans la nuit. Il est donc nécessaire avec les spécificités territoriales décrites plus haut de s’attacher le maximum de couverture humaine sur ces périodes là. D’une manière générale on relève de 50 à 60% d’activité que le matin, et les effectifs doivent être distribués proportionnellement à cette activité.
Þ Nuit Les nuits sont des périodes à traiter de manière particulière. En effet les individus que l’on retrouve, hormis s’ils sortent d’un restaurant ou d’un spectacle, n’y sont jamais pour des raisons peu recommandables. Il faut donc s’attendre de la part des autorités moins de coopération, moins de considération voire de l’hostilité. Il convient de onc de prévoir des personnels parfaitement formés à ces situations, capable de rester maître d’eux-mêmes en toute circonstance, sans pour autant céder à l’inaction.
Þ Les périodes propices
De façon plus large, toute l’année ne se déroule pas non plus de la même manière. Les périodes de vacances scolaires sont propices au débordement, notamment celles d’octobre et celle de février. On constate aussi des recrudescences d’actes de vols à la veille de grandes dates comme noël, ou les grandes vacances d’été. Enfin il ne faut pas oublier les dates emblématiques telles que le 14/07 ou le 31/12.
Une grande partie des actions des différents acteurs est déterminée par la vision qu’à chaque acteur de la situation. Or ces visions sont partielles. A la fois parce qu’elles passent par un unique prisme professionnel et parce qu’elles sont l’expression d’une vision partielle du territoire et de ces problématiques. Le délinquant ne possède pas le même référentiel et pour lui les barrières entre le bailleur, le transporteur, la ville, la police, et l’école par exemple n’ont pas de sens ou plutôt si elles lui permettent d’utiliser ce cloisonnement à son profit.
Þ Données institutionnelles
Sans agréger des données qui n’ont pas la même vocation, il est important de pouvoir consolider les données de tous les institutionnels de façon à dresser la cartographie chronologique du déroulé sur le territoire de la ville. Elles laissent alors apparaître aux yeux des autres acteurs qu’ils ne sont pas les seuls à être confrontés à une difficile réalité, et qu’ils peuvent trouver dans les données du voisin des moyens de mieux comprendre donc de mieux réagir.
Þ Indices d’ambiance Au-delà de ces données institutionnelles, il faut prendre le pouls quotidien auprès des acteurs de terrain, qui ne sont pas des acteurs directs de la sécurité mais qui peuvent indiquer clairement l’amélioration ou la dégradation de l’ambiance, relever les petits faits qui sont ignorés du code pénal mais qui présage des difficultés à venir. Rassembler auprès de plusieurs acteurs et confronter au sentiment des acteurs de la sécurité, ces indicateurs sont très précieux.
Þ Sentiment d’insécurité Nos concitoyens ont souvent le sentiment que dans le domaine de la sécurité on leur cache des choses et que l’absence de communication masque l’absence de résultats. Pour y remédier, il est important de sonder régulièrement les habitants afin de comprendre l’évolution de leur sentiment et la façon dont les actions en cours peuvent corriger les faits qui en sont à l’origine. Il ne faut en effet pas négliger l’impact psychologique des actes mais également des rumeurs. Y remédier fait partie des moyens d’infléchir la façon de voir la situation.
Þ Enquête de victimation
Au-delà du sondage, il est également important d’enquêter régulièrement sur la victimation. En fait il s’agit de connaître les faits non déclarés mais qui ont lieu de manière à compléter les chiffres des institutions. L’exploitation de ces enquêtes objective grandement la vision de la situation et évite à chaque acteur de se cacher derrière ses propres statistiques.
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