Partager l'article ! Peur sur la ville: Chacun remarquera que pendant 9 mois de cette nouvelle majorité, je n'ai pas parlé une seule fois de sécurité. Ou plut ...
44 ans, né à Aulnay
Conseiller Municipal
Ancien Adjoint au Maire
Chacun remarquera que pendant 9 mois de cette nouvelle majorité, je n'ai pas parlé une seule fois de sécurité. Ou plutôt si. En début de mandat, alors que des incidents avaient eu lieu sur le quartier de Mitry, j'avais au conseil municipal donné quelques conseils au maire et à son conseiller délégué.
Personne ne pourra donc dire que j'ai abusé de ma parole sur ce sujet ou mis de l'huile sur le feu.
Aujourd'hui, la situation est grave. Je mettrais de côté l'horrible meurtre commis mercredi dernier, il faut respecter la douleur de la famille.
Pour être juste, il faut dire que la situation générale de lutte contre la délinquance s'est améliorée. Grâce à qui ?
Grâce d'abord à un travail policier de longue haleine, qui à force de monter des dossiers contre les multirécidivistes, finit par payer.
Grâce ensuite à la réforme du code pénal qui a instauré les peines plancher pour justement ces mêmes multirécidivistes.
Les deux conjugués ont eu l'effet que tout le monde attendait depuis très longtemps : mettre à « l'ombre », comme on dit, ceux qui faisait de la délinquance leur métier, et dissuader très fortement ceux qui pensaient en faire le leur.
Il faut se réjouir de cette baisse générale qui ne reflète pourtant pas totalement la réalité, il n'y a en effet pas une délinquance mais des délinquances.
Pendant tout mon mandat précédent, j'ai fait mienne une idée simple mais forte : une multiplicité de situations nécessitent une multitude de réponses adaptées. Ainsi nous avons organisé notre politique afin d'avoir à notre disposition tous les types de réponses de la prévention la plus élémentaire à la répression nécessaire.
Pendant toutes ces années nous avions construit avec la prévention spécialisée des liens précieux, des objectifs et des méthodes communes. Nous avions avec les collèges et les lycées nouer les liens nécessaires. Nous avions avec la police nationale des liens de confiance, indispensable à la bonne compréhension du rôle et de l'action de chacun. Nous mis en œuvre par nous même des moyens de médiation, de police e de vidéosurveillance afin d'améliorer la sécurité quotidienne.
De 2001 à 2005, ce combat acharné nous a permis d'obtenir une baisse de 21 % des faits de délinquance, près de 1000 faits par an. A partir de novembre 2005, bon nombre de choses ont changé et une délinquance encore plus jeune, plus dure, s'est développée nécessitant une nécessaire réadaptation. Aujourd'hui, la police nationale semble disposer à nouveau d'outils juridiques adaptés.
Dès le début de son mandat, le maire a sur ce sujet fait de la pub : une cellule de veille tous les mardis dans le bureau du maire. Incroyable !
Pour tout dire, les services de police nationale et municipale ainsi que la direction de la prévention et de la sécurité de la ville se réunissaient déjà tous les mardis matin depuis de très nombreuses années.
Seule la prévention spécialisée n'assistait pas à cette réunion, afin de respecter son devoir de réserve dans la communication des informations qu'elle possède.
Aujourd'hui cette cellule de veille du mardi n'a plus de sens, car plus rien ne s'y échange. La police nationale y délègue un agent sans plus, ayant malheureusement vite compris le peu d'utilité de ce nouveau système publicitaire.
Aujourd'hui les relations sont même tendues entre le cabinet du maire et la police nationale, anéantissant du même coup des années de travail.
Aujourd'hui, la prévention spécialisée, qui dépend pourtant du département, dont monsieur Ségura est conseiller général, est désemparée devant beaucoup d'ignorance, voire d'incompétence.
Aujourd'hui, l'équipe de médiation est quasiment décimée, des agents mutés sous prétexte d'avoir travaillés avec moi. Des instructions inexistantes, pas de ligne de conduite, avec par-dessus le marché l'intervention de personnes non qualifiées mais investies par le maire lui-même tels des messies.
Aujourd'hui, la police municipale en est réduite à regarder le paysage, sans savoir si elle doit ou ne pas intervenir. La seule chose qu'on lui demande est de ne pas déranger.
Tout cela ne serait pas si grave et l'on pourrait croire que j'exagère si cela n'avait de conséquences directes.
Le quartier de Mitry est ainsi depuis le début de ce mandat en proie à une dérive sans précédent. Certes ce quartier a vécu des soubresauts graves mais rares. Aujourd'hui ce qui s'y passe est fort différent. Nous sommes à la sixième rixe importante en 9 mois, des espèces de règlements de comptes entre bandes rivales qui pensent que le pavé leur appartient à présent.
Le 12 novembre dernier, un jeune homme de 19 ans a pris deux coups de couteau après s'être réfugié dans une boutique en tentant d'échapper à ses poursuivants.
Le 22 octobre, ce fut une même bagarre qui mêla plus de 50 personnes et qui eut pour conséquence des blessés légers et le saccage d'une bonne cinquantaine de véhicules.
En septembre, ce fut là encore un règlement de compte qui abouti également à un blessé par arme blanche.
La répétition à intervalles très réguliers de ce type d'incidents en dit long sur le fait que nos outils de prévention ne fonctionnent plus du tout, que les outils d'alerte sont incapables de répondre dans les délais nécessaires, qu'il ne reste plus que la seule solution policière pour rétablir la situation.
Un incompréhensible gâchis qui n'a qu'une seule origine : l'ignorance des nouveaux maîtres d'Aulnay.
Il y a 8 jours tout juste, une réunion de crise, réunie à la demande du principal du collège Neruda fit un constat accablant : les rixes régulières entre les deux quartiers sont en train de pousser les parents d'élèves à quitter Aulnay pour préserver leurs enfants. Inadmissible mais pourtant réel.
C'était bien la peine de nous servir l'excellente connaissance des problèmes sociaux, de la jeunesse, des réseaux sur le terrain, pour arriver à un tel désert de résultats !
C'était malheureusement à prévoir quand on connaît la façon dont monsieur Ségura et consorts comprennent les problèmes de sécurité. Et cela ne va pas s'arranger.
Chers aulnaysiens, il va nous falloir être résistants !
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