Partager l'article ! ARGENT TROP CHER: Au fur et à mesure de mes contacts avec les aulnaysiens, la question revient souvent : pourquoi concentrez-vous vos c ...
44 ans, né à Aulnay
Conseiller Municipal
Ancien Adjoint au Maire
Au fur et à mesure de mes contacts avec les aulnaysiens, la question revient souvent : pourquoi concentrez-vous vos critiques sur les dépenses de la nouvelle majorité et non sur la mise en œuvre de son programme ?
C'est vrai que personnellement je suis attaché à la dépense utile quand il s'agit d'argent public mais pas seulement.
Je suis un homme de droite, parce que je suis attaché à l'esprit de responsabilité individuelle. J'accorde une grande importance au fait qu'en toute circonstance, chacun a la liberté d'agir de bonne ou de mauvaise manière. Je ne suis pas de ceux qui considèrent que les circonstances, la société, effacent totalement cette responsabilité individuelle.
Je suis un homme libéral, parce que je suis attaché au droit de chacun à disposer de son présent et de son avenir. Les droits de l'homme sont fondamentalement l'expression de ce libéralisme sociétal. Je ne suis pas de ceux qui considèrent que plus on empile les règles mieux on résout nos problèmes, laissant à la société le soin de nous déterminer.
La majorité actuelle, monsieur Ségura en tête, est de gauche, et l'on pourrait s'attendre à un affrontement droite-gauche classique. En fait il n'en est rien.
Tout d'abord, il faudrait savoir quel type de gauche décide du sort des aulnaysiens. La question n'est pas tranchée car le passé de monsieur Segura laisse planer le doute sur sa philosophie politique. Ses amis sont toujours mal à l'aise pour parler de ses 15 années passées dans les rangs de l'extrême gauche trotskiste, (ça me rappelle Jospin, qui avait un frère...). Mal à l'aise, parce que si monsieur Segura est aujourd'hui un parfait élu du parti socialiste, il a conservé des méthodes peu en vogue dans ce même parti. C'est parfois en étant très démocratique que l'on permet à quelques uns, plus opportunistes que démocrates, d'arriver au pouvoir.
Mais laissons de côté les problèmes internes du parti socialiste local, dans lequel bon nombre font les autruches pour ne pas voir la réalité. Parlons du programme mis en œuvre à la mairie.
Nous allons vivre le 20 novembre prochain, le 7ème conseil municipal de la nouvelle majorité et nous pouvons faire un petit bilan programmatique :
La coopération décentralisée : un petit tour en Algérie et puis plus rien. Pas de bilan, pas de retombées, pas même de communication.
Le logement : les opérations annoncées étaient déjà prévues par l'ancienne majorité. Tout juste a-t-on vu les logements municipaux rétrocédés à l'ophlm, mais cela ne fait aucune création.
L'emploi : c'est le désert, pas un même un mirage à l'horizon. Sauf pour une trentaine d'amis, récompense oblige.
Les transports : la création d'un bus qui va faire le tour de la ville pour 2 millions € sans aucune plus value pour les aulnaysiens, mais nous y consacrerons un article spécial.
La communication : un oxygène toutes les semaines qui ressemblent comme deux gouttes d'eau dans sa forme et sa rédaction aux tracts de la campagne électorale. A croire que ce sont les mêmes qui les rédigent. La retransmission en direct du conseil municipal, pendant lequel on voit une majorité exprimée ses vraies divergences (entre verts, communistes, et socialistes, on ne pense vraiment pas pareil) ou se taire devant le maitre des lieux.
La jeunesse : de nouveaux locaux provisoires sur mitry, et la réouverture de l'antenne jeunesse de la rose des vents à une tranche plus jeune peuvent être salués. Mis à part cela les jeunes de nos quartiers attendent toujours.
Les associations : on assiste à un nettoyage en règle. On subventionne plus largement des associations qui, pendant la campagne électorale, penchaient du côté du « bon » candidat. On oblige certaines autres à embaucher des « proches » de façon à s'assurer un certain contrôle. On dit à d'autres qu'il n'y a plus de place pour elles.
La démocratie : les conseils de quartier mis en place démarrent. Même si je n'étais d'accord avec leur découpage, il faut attendre de voir de quoi ils seront capables. Pour l'instant, à noter tout de même le renoncement à un budget (bien sûr puisque la loi ne le prévoyait pas, juste un petit mensonge) et une organisation pléthorique qui risque de tourner à la paralysie.
Pour le reste, aucune réelle initiative n'a été prise. Ceci dit pour être juste, la majorité des délibérations votées ces 6 derniers conseils municipaux découlent des décisions de l'ancienne majorité. Ce qui explique d'ailleurs qu'il n'y ait pas eu de grandes explications sur ces sujets puisqu'il y a une grande continuité.
Alors contre quelles initiatives de gauche pourrions-nous nous battre ? Les annonces faites dans oxygène qui n'ont jamais été présentées au conseil municipal ? C'est juste la démocratie réduite à sa plus simple expression : une « démo » tout simplement. Elle a l'air bien, mais c'est juste pour attirer le chaland.
S'il est vrai qu'en 8 mois, nous n'avons pas vu le début de la mise en œuvre d'un vrai projet politique, nous avons eu en même temps un spectacle étonnant : une leçon de dépense publique.
Une ville, chacun le sait mais il est bon de le rappeler, ne doit faire ni bénéfice ni déficit, de sorte qu'il n'existe jamais de cagnotte que le suivant mettrait à profit pour mettre en œuvre ses objectifs. La ville d'Aulnay a donc un budget important, près de 200 millions €, ce qui fait sa réputation de ville riche, mais forcément elle a autant de charge pour faire vivre ses salariés, entretenir son patrimoine, fournir des services aux aulnaysiens, investir pour demain.
Dès le début, monsieur Segura, ignorant ce fait ou feignant de l'ignorer, s'inquiéta pour inquiéter les aulnaysiens : mais il n'y pas d'argent dans le bas de laine ! Une façon de dire à tous ceux qui venaient de l'élire qu'il va falloir être très patient et même prier pour ne pas se serrer la ceinture et aux autres qu'heureusement qu'il était là pour s'apercevoir de la supercherie : Aulnay n'a pas de bas de laine !
Les aulnaysiens pourraient nous croire ou le croire, mais c'est plutôt la presse; capital, challenge, le nouvel obs, qui par des critères objectifs démontrent la bonne santé financière de la ville chaque année.
Je me rappelle même, lors d'un des premiers conseils municipaux, la majorité se plaindre de notre gestion en « bon père de famille ». Or c'est en maintenant un investissement constant, raisonné, associé à une parfaite maîtrise de la dette que l'on préserve son avenir.
La crise financière actuelle rappelle à la majorité et aux aulnaysiens une salvatrice mais bien réelle vérité :Aulnay a très peu de dettes, moins de 500 € par habitant, ce qui lui fera passer sans trop de mal la difficile période qui s'ouvre. Investir n'empêche pas d'être prévoyant, voilà une cruelle vérité que la majorité actuelle doit pouvoir méditer.
Si investir fut le maître mot des premiers mois de ce mandat, dans la réalité, ce ne fut pas le cas. Au contraire et c'est ce qui me dérange fortement, d'inutiles dépenses de fonctionnement ont vu le jour.
Cela a commencé avec les fameuses indemnités de la majorité qui en s'augmentant de 127% a eu comme glorieuse conséquence de créer une ardoise de 365 000€ par an. Une paille !
Cela s'est poursuivi par une subvention de 100 000€ supplémentaire à une association pour la sauver du dépôt de bilan après des embauches hasardeuses et des plans sur la comète. Même si celle-ci est aujourd'hui indispensable, les garanties d'une remise à flot définitive ne sont pas là et le risque est reporté aux années suivantes.
Cela s'est également concrétisé par ce fameux concert du 22 juin, à Aulnay on est vraiment plus fort qu'ailleurs car la fête de la musique dure deux jours, qui a couté la bagatelle de 113 000€ supplémentaires. Un beau concert certes mais quand on n'a pas l'argent ...
Cela se traduit également par une trentaine d'embauche d'amis proches, qui ont particulièrement bien aidés pendant la campagne électorale, et qui même s'ils sont en CDD, laisseront une belle ardoise car nous devrons en plus leur payer le chômage à la fin des contrats de 2 x 3 mois. Au bas mot, 800 000€.
Cela prend la forme d'un bus circulaire dont aucune étude ne montre qu'il a un intérêt, à tel point que les transporteurs ne veulent pas le financer et que la ville supportera seul le coût : 2 000 000€ par an. Peut-être que les tickets seront remplacés par ceux du loto...
Et la dernière mais pas des moindres, c'est le coût de la restructuration des bureaux pour les nouveaux élus : 225 000€, rien que ça. Ce chiffrage qui scandalise les salariés de la ville alors qu'eux-mêmes ont parfois besoin de quelques réaménagements de bureaux, est la cerise sur le gâteau.
Vous me direz qu'il fallait les refaire, c'est vrai que certains d'entre nous, ancienne majorité, avaient des bureaux vétustes et du mobilier de plus de 15 ou 20 ans, mais était-ce vraiment là l'important, la priorité ?
Alors bien sûr, certains de la majorité me disent que c'est malsain de parler d'argent, et parfois des aulnaysiens me disent la même chose. Mais doit-on se taire quand on entend un discours vertueux sur la dépense et le comportement et quand on sait que les faits vont à l'encontre de celui-ci ?
Il est de notre devoir, en tous cas c'est le rôle que j'entends tenir, de combattre des comportements qui font que l'argent public ne serve pas prioritairement les administrés, les salariés de la ville, le patrimoine de la ville, les services publics. Si tout travail mérite d'être indemnisé, j'en suis le premier d'accord, il est de rigueur de rester raisonnable. C'est cette déraison, inexplicable et nocive, que je combats. Elle conduit à la dérive, au fait que certains se prennent pour les « propriétaires » et non pour des serviteurs de la cause publique.
Et peu m'importe si cela dérange, car je crois que nos concitoyens sont à même de faire la différence entre les élus qui prennent soin de leur confort avant de servir l'intérêt général et ceux qui servent celui-ci avant de penser à leur confort.
Mais finalement, ce qui dérange réellement la majorité, c'est qu'elle n'a, malgré de nombreuses tentatives, toujours pas trouver le moyen de me faire taire. La liberté (d'expression) reste plus que jamais une valeur indispensable !
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