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44 ans, né à Aulnay
Conseiller Municipal
Ancien Adjoint au Maire
Allez, je me lance dans une réflexion un peu plus philosophique sur l'art de la réforme dans notre pays et sur nos réticences à opérer des changements. En effet, on voit bien à présent que si M de Villepin est resté Premier Ministre, ses marges de manoeuvre politiques sont tellement réduites qu'il va devoir apprendre à ne rien faire tout en faisant croire que cela avance !
Incroyable donc que les Français aient souvent des hommes qui veulent faire bouger la France et qui finalement leur préfèrent dans l'action ceux qui n'agissent pas ! Ne revenons pas sur le CPE, il est mort, mais profitons de l'occasion pour parler de ce que cela signifie.
Nous savons que l'état de notre pays n'est pas terrible (chômage, croissance réduite, déficits chroniques, tensions sociales,etc) et nous savons que le monde qui bouge creuse l'écart entre ceux qui réforment et ceux qui ne le font pas.
Le problème est que nous avons l'air d'être paralysés par cet état de fait, par la mondialisation que nous accusons aujourd'hui de tous les maux. Rappelons-nous d'ailleurs que la mondialisation a débuté, il y a longtemps, avec les grands voyageurs comme Vasco de Gamma, Marco Polo, Christophe Colomb. Eh oui, déjà ces grands explorateurs partaient avec des missions commerciales adossées à leurs missions de découvreurs. Ils permirent à Venise de devenir la plaque tournante du commerce avec l'Asie et à l'Espagne et au Portugal d'être les rois du commerce maritime. La mondialisation ne produit pas de misère mais des richesses, le problème est de savoir comment nous pouvons nous aussi être destinataire de cette richesse.
A vrai dire, aujourd'hui notre principal problème, c'est la complexité du système de gestion de notre société (pas seulement administratif) qui fait de sa forme une exigence plus grande que le fond, et cela au nom d'un certain nombre de principes qui sont excellents pour les statues de marbre.
Le droit du travail est si rigide qu'il devient inadapté et ne protège plus.
le droit pénal est si protecteur des libertés individuelles des mis en cause que les victimes n'ont plus de recours.
le droit des usagers des services publics est si ténu qu'aucun progrès n'est possible.
Loin de moi l'idée de dire que tout cela est inutile, mais que les textes ne répondent plus aujourd'hui au principe de l'efficacité, seul capable de rapprocher les citoyens de la société. Bien évidemment qu'un certain nombre de principes fondamentaux sont nécessaires ( égalité, protection des plus faibles, etc) mais à quoi cela sert-il, si en réalité, leur traduction n'est pas possible ?
Dans le même temps, une partie de notre classe politique veut aujourd'hui capitaliser cette peur du monde en argument fort de la construction d'un système plus protecteur. Soit, mais dans le même temps elle ne propose pas de mesure de mobilité, ce qui évite de fixer un cap. En fait sous prétexte que nous risquons d'aller dans le fossé avec notre voiture, on la blinde jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus rouler, comme ça on est sûr de ne pas s'engager sur le mauvais chemin ! Finalement on fait la tortue, dont on connait la rapidité d'adaptation. Je ne vous dirais pas qui sont les tortues, vous les reconnaitrez !
Alors à ceux qui se disent, ok pour la voiture blindée, mais qui avance à peu près au même rythme que les autres, ils restent à fixer un cap (pour ne pas aller dans le fossé) et à faire une double amélioration, blindage et mobilité. Et réformer aujourd'hui, c'est cela. Mais bien evidemment le cap est discuté par ceux qui ne veulent pas avancer.
Si l'on veut donc réformer, il faut apporter aux Français ce goût du risque indispensable pour tenter un cap sans une totale assurance (rien n'est jamais sûr) et en même temps leur garantir l'essentiel qui permet de tenir sur la distance. Mais voilà sommes nous prêts à cela ? je n'en suis pas sûr tellement notre société est allergique à tous les problèmes de risques sanitaires, écologiques, économiques, sociaux, etc.
Cette voie est difficile et certains se demandent s'il y a besoin d'être approuvé quand on réforme. En effet les Français choisissent des élus pour une période plus ou moins longue et il est légitime de penser qu'au long de cette période, on les laisse agir, pour juger le jour des élections. Cela a au moins l'avantage de la durée et de la cohérence. Chacun sait qu'il faut du temps pour construire sa vie, sa carrière, sa maison. Comment en serais-t-il autrement en politique ?
Mais d'autres, les tortues notamment, préfèrent aujourd'hui vendre un autre type de démocratie, la démocratie d'opinion, au lieu de la démocratie élective ou représentative. Cette démocratie a l'avantage de mettre toute décision gouvernementale en phase avec l'opinion. Mais seulement avec l'opinion du moment ! Car le problème, c'est que ce type de démocratie se trouve très vite prise en otage par ceux qui hurlent le plus fort, qui ont la capacité de bloquer les autres pour les faire céder, qui peut se permettre de parler au nom des autres même s'ils ne les représentents pas majoritairement. C'est la loi des minorités bruyantes qui choisissent l'épreuve de force. Démocratique ?
Finalement, on voit bien que ces deux tendances de fond dans notre société, la peur du changement et la démocratie d'opinion empêche en fait le système de démocratie représentative d'agir avec sérénité et légitimité. D'ou la tentation de certains, comme de Villepin, de gouverner sans être approuvé !
Quelqu'un a une idée pour en sortir ?
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