Partager l'article ! Conseils de quartier : un bilan mitigé: La nouvelle majorité avait affirmé sa volonté en redécoupant la ville en 12 quartiers d'être plus p ...
44 ans, né à Aulnay
Conseiller Municipal
Ancien Adjoint au Maire
La nouvelle majorité avait affirmé sa volonté en redécoupant la ville en 12 quartiers d'être plus près des habitants, de leur permettre de plus s'impliquer dans la vie locale. 12 réunions ont été tenues et il convient d'en tirer un premier bilan.
Pour ma part j'ai pu compte-tenu de mon agenda, me rendre à 8 d'entre-elles, ou j'ai écouté et limité la plupart du temps mes interventions à une seule pour ne pas donner l'impression d'un conseil municipal bis. Généralement j'ai exposé mon point de vue soit pour répondre à une attaque en règle de la part de monsieur Segura, soit pour expliquer une décision prise par le passé, soit pour approfondir un thème qui faisait débat.
La fréquentation
Elle fut très variable d'un conseil à l'autre et il faut y distinguer les aficionados, ceux qui sont de
toutes les réunions, de ceux que cela a réellement mobilisés. Si la municipalité semble pencher pour une participation de plus de 1000 personnes, j'ai, pour ma part avec quelques autres, tenu une
comptabilité exacte de ces réunions afin de réellement en connaître l'impact. Nous sommes arrivés à près de 700 personnes en dehors des élus, des administratifs et des fameux
aficionados.
Ce score n'est d'ailleurs pas ridicule et cache une certaine disparité à laquelle nous reviendrons. Je l'ai ainsi exprimé à philippe gente, qui est chargé de ces conseils, car il ne me parait pas opportun de « gonfler » les chiffres pour faire plus joli.
Certaines réunions notamment dans les quartiers nord ont vraiment attiré peu de monde comme ce fut le cas à l'école Croix-Rouge ou seulement 12 habitants du quartier se sont déplacés. Les réunions au Cap ont quant à elles déplacé 50 personnes à chaque fois. Seule la réunion d'ambourget était vraiment plus fournie ou 75 personnes étaient présentes.
Les réunions les plus fournies ont eu lieu dans les quartiers pavillonnaires, la dernière réunion à Vercingétorix ayant été la plus attractive de ce point de vue avec 110 personnes.
Des fréquentations, tout à fait convenables, dans la droite ligne des réunions de ce type tenues par l'ancienne majorité. Un bon point et la preuve d'une certaine continuité.
L'ambiance
Elle a en fait évolué au fur et à mesure que ces réunions se produisaient. Les premières, dans les quartiers nord, étaient souvent des suites d'incantation (on va vous écouter, si si, ...), d'attaques contre le bilan de l'ancienne majorité (on ne peut pas faire ce qu'o na promis à cause du bilan qu'on nous laisse...) et de banalités (il faut résoudre le problème du chômage...). Rien de nouveau sous le soleil. Le public de ces premières réunions était d'ailleurs tout acquis à la cause de monsieur Segura, certains nous faisant même remarquer que comme on avait perdu, il fallait qu'on disparaisse. Malheureusement comme nous revenions, ils ont fini par nous glisser qu'il fallait un sacré courage pour revenir sur les terres de sieur Segura, et le contredire aimablement devant ses supporters. Courage ? Non, c'est juste notre rôle d'être également les élus de tous, y compris de ceux qui n'ont pas hier voté pour nous.
Parfois l'ambiance a été plus tendue lorsque notamment je n'étais pas présent et ou monsieur Segura en profitait pour asséner en vérité ses points de vue, respectables certes, mais des points de vue tout de même. Cela a souvent déclenché des réactions d'hostilité ou d'incompréhension de la part de la salle.
Aucune question nouvelle n'a fait son apparition. Toutes les grandes questions ont tourné sur le logement, l'emploi, l'urbanisme, la propreté, la sécurité, l'école, les enfants, le stationnement et la circulation. Elles sont bien sûr essentielles mais ces questions faisaient l'objet des mêmes débats par le passé, leur résolution demande beaucoup plus que des grands principes mais également beaucoup d'humilité tant elles sont complexes et réclament la participation de bien d'autres acteurs.
Au total l'ambiance a été plutôt bonne même si souvent il a fallu rectifier les propos exagérés, inexacts, approximatifs des nouveaux élus, le maire y compris.
Le fond
Ces réunions avaient pour ambition de libérer une parole dite confisquée, une participation dite biaisée, bref faire des vrais conseils de quartier comme l'a dit philippe gente. Ainsi à chaque réunion, celui-ci a-t-il insisté pour dire aux habitants que rien n'était décidé à l'avance sur le fonctionnement de ces conseils et qu'ils attendaient des idées. De ce côté-là, on a pu s'en rendre compte, seuls les habitués des réunions publiques diverses et variées, ceux qui mouillent déjà la chemise dans le tissu associatif, avaient quelques propositions. Le reste des habitants étaient surtout venus trouver des réponses plutôt que faire des propositions. Sur ce point-là, je considère que ces conseils ont été pauvres, les habitants renvoyant ainsi leurs élus à leur responsabilité de décideurs.
Un autre élément fondamental s'est fait jour, c'est cette histoire d'adjoint de conseil de quartier. En effet, la municipalité a décidé, comme l'autorise la loi, de nommer 5 adjoints chargés de ces conseils afin de mieux les faire fonctionner. Deus remarques toutefois, dans l'esprit de la loi, il s'agissait d'adjoints exclusivement consacrés à cette tâche, ce qui n'est pas le cas. Il y a là, à la fois une tromperie mais également la garantie d'un échec programmé. Pour avoir moi-même cumulé délégation et conseil de quartier pendant 5 ans, je peux dire par avance que faire les deux est très difficile. Ce choix est malvenu et pèsera lourd de conséquence sur la disponibilité de ces fameux adjoints.
Pendant ces réunions publiques, nous n'avons d'ailleurs quasiment pas entendu la voix d'un (j'ai retenu une intervention
de monsieur montfort et deux de monsieur hernandez en tout), ce qui montre à la fois leur difficile maitrise du sujet (mais c'est le début, je comprends) mais surtout l'écrasante omnipotence et
omniscience du maire qui a abreuvé la salle d'un monologue parfois très pénible. Et c'est là que nous voyons les limites du système. Alors que ces réunions doivent permettre aux habitants de
s'exprimer soit disant contrairement au passé, on a pu assister à chaque fois à une démonstration professorale du docteur Segura qui explique que cela va mal mais qu'il est arrivé à
temps.
En conclusion, si l'utilité de ces réunions n'est pas à démontrer, leur usage n'a pas été celui annoncé, mais l'occasion de continuer à faire campagne. Cela est par ailleurs pas mal réussi, les gens se laissant prendre par le ton professoral même si parfois la couleuvre vraiment trop grosse a médusé la salle.
Monsieur Segura ne s'y est d'ailleurs pas trompé, les réunions de conseils de quartier sont à peine terminées, qu'il enchaine avec des réunions « point de rencontre » dans chaque quartier ou les habitants peuvent venir poser leurs questions au maire. Ca ne vous rappelle pas les conseils de quartier ?
La campagne électorale a en fait déjà commencé, signe peut-être que la confiance acquise lors des dernières élections n'est pas forcément durable...
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