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44 ans, né à Aulnay
Conseiller Municipal
Ancien Adjoint au Maire
Certains pensaient que monsieur Segura devait gagner les élections mais lui-même dit qu’il a eu de la chance. Je pense effectivement qu’il n’aurait jamais du gagner mais je ne crois pas qu’il ait eu de la chance.
D’abord le score très serré 11731 voix pour notre équipe « Reussir l’Avenir Ensemble » et 11935 voix pour sa liste « Aulnay Renait » plaide évidemment pour une bataille une
réelle indécision de la part des aulnaysiens, enfin les multiples accrocs dans la campagne ont jeté un sérieux trouble auprès des électeurs qui pour certains ont choisi l’abstention et le vote
blanc dans une dimension jamais atteinte jusqu’à présent.
Pourquoi avons-nous perdu, puisqu’à mon humble avis, partagé en coulisse par certains de mes adversaires, monsieur Segura a gagné par défaut ?
En premier lieu bien sûr, il y a cette histoire d’Assedic que nous avons dû affronter comme une torpille destinée à nous couler. L’histoire n’est pas simple car la plupart des gens pensent que leurs élus gagnent leur vie en étant élu, comme si cela était leur métier.
La réalité est tout autre. La majorité des élus ont un métier qu’ils exercent en même temps qu’ils exercent leur fonction d’élu. Dans mon cas, je travaille chaque jour pour une entreprise et c’est seulement le soir et le week-end, parfois pendant des jours de congés que j’exerce ma fonction d’élu.
Dans le cas de Gérard Gaudron, il a longtemps travaillé à mi-temps, sacrifiant ainsi une partie de sa carrière et de ses revenus, pour exercer sa fonction de premier adjoint. Comme tout le monde, il a cotisé pour une assurance chômage et c’est en 2005 alors qu’il a été licencié par son entreprise qu’il a perçu des allocations chômage. Certains trouveront cette situation anormale ou un maire recevant des indemnités pour exercer sa fonction, touche des assedics. Pourtant personne ne s’indigne d’un salarié qui travaille en même temps qu’il est élu, celui-ci touchant son salaire et ses indemnités, ou encore d’un retraité qui est dans le même cas, cumulant ainsi sa retraite et ses indemnités. Il faut pourtant séparer ce qui relève de la carrière professionnelle de la qualité d’élu. Mais personne ne le fait.
L’histoire aurait pu s’arrêter là si la fonction de député à laquelle Gérard Gaudron a accédé n’était venue donner une autre dimension. La loi précise effectivement que dans ce cadre il ne devait pas recevoir ses fameuses indemnités de chômage. Chacun sait aujourd’hui qu’il avait signalé sa situation à l’administration mais que celle-ci ne considérait pas son cas comme prioritaire car il avait passé 57 ans, l’age à partir duquel on n’est plus tenu de faire contrôler sa situation tous les mois mais tous les ans.
Peu importe en fait ce qu’il sait passer, l’élection a montré que la calomnie porte toujours ses fruits même si on n’est pas coupable. En effet les résultats de l’élection laissent apparaître 1085 votes blancs au premier tour, soit 600 de plus que d’habitude ! Ces votes là étaient bien évidemment destinés à montrer au député-maire le mécontentement et le doute de certains électeurs. Quand on pense qu’il manquait 790 voix à notre liste pour l’emporter au premier tour, on imagine bien que cette affaire a eu à elle seule l’effet voulu par certains, nous empêcher d’être réélu.
Ce vote de protestation s’est d’ailleurs maintenu au second tour avec 970 votes blancs, soit encore près de 400 de plus que d’habitude, démontrant le désir de ces votants de ne vouloir faire confiance à monsieur Segura, mais adressant encore une fois leur colère au député-maire. Malheureusement, cela nous coûte la victoire transformant ainsi un simple mécontentement sans lien avec la gestion municipale en un changement inattendu par ces mêmes électeurs. Ils avaient en effet tout le loisir de voter pour la liste de gauche, or ils ne l’ont pas fait.
Monsieur Segura gagne ainsi l’élection grâce à la manœuvre de quelqu’un de bien mal intentionné. Manœuvre en effet, car plusieurs personnes de l’équipe de monsieur Segura étaient au courant depuis le 15 décembre environ de cette fameuse affaire. Je ne prétends pas ici qu’ils l’ont utilisé mais j’affirme que l’information était connue depuis le 15 décembre, et qu’il n’est pas un hasard que la publication par la presse n’intervienne que 4 semaines avant le vote.
En second lieu, les électeurs en bons français attendent toujours tout de l’état providence qui n’existe plus depuis belle lurette mais auquel ils aiment se raccrocher quand cela va mal. Et la gauche a réussi a faire « gober » aux électeurs que le pouvoir d’achat était une mesure qui se décrète comme prix du timbre, rendant le gouvernement responsable du fait que celui-ci stagne voire baisse. Bien évidemment, elle sait bien garder de dire que la majorité départementale de gauche avait augmenté nos impôts locaux de 45 % ces 3 dernières années et la majorité régionale de gauche de 65% en 4 ans !!! Sûr que le pouvoir d’achat n’en a jamais pâtit !
Cela s’est vu également dans le taux de participation à ces élections qui habituellement montre un taux dans les quartiers pavillonnaires de 8 % supérieurs à celui des quartiers d’habitat collectif. Or il n’a été en moyenne que de 2 % et certains bureaux pavillonnaires étaient même de 5 % en dessous de ces bureaux d’habitat collectif. Ce désaveu lié au contexte national a lui aussi pesé lourd, près de 2000 voix dont 60 % nous sont habituellement favorables, soit près de 1200.
En troisième lieu, certaines associations ont été utilisées pour échanger leur influence contre une amélioration de leurs moyens. Bien évidemment chacun estime toujours que son travail nécessite plus de moyens et cela est souvent légitime mais le travail d’une association à caractère social n’est pas de faire de la politique. Encore moins quand la dite association met en balance des nécessités cultuelles. Il faut ainsi savoir que des associations cultuelles ont mis en balance une espèce d’accord confidentiel sur l’amélioration de leur condition d’exercice du culte en échange de leur soutien à tel ou tel candidat. Voilà donc une partie des électeurs réduits à l’état de simple croyant qui ne devraient pas voter en fonction de leur conviction politique mais en fonction de leur conviction religieuse.
C’est d’autant plus grave, que même si toutes les communautés religieuses ont droit à exercer leur culte dans les meilleures conditions, ce n’est pas à un maire garant de la laïcité, ni à un candidat aux élections, de négocier pour gagner des élections la meilleure façon d’y répondre. Je vous laisse imaginer qui a cédé à cette tentation et qui n’y a pas cédé.
La foi n’appartient pas au politique et la politique ne peut être escamotée derrière la foi.
Bien sûr, chacun trouvera des tas d’autres raisons, et j’en connais également une bonne partie d’inavouables par notre adversaire, mais ce sont là les 3 raisons essentielles qui sont responsables de notre échec.
Depuis 22 ans que je fais des campagnes électorales, je dois avouer que je n’ai jamais vécu de campagne aussi sale ou les méthodes sournoises ont primés. Je vous réserve d’ailleurs la publication du mémoire qui sera envoyé au tribunal pour contester la légalité de celles-ci.
En effet, perdre n’est pas une si dure affaire. La nouvelle est difficile à accepter mais c’est le propre de l’homme que de s’adapter. Mais encore faut-il que les règles soient respectées, et elles ne l’ont pas été.
Un recours en annulation a donc été déposé, et pendant encore 3 semaines, nous rédigeons le mémoire qui démontrera ces illégalités au tribunal administratif. Je le publierais afin que chacun sache de quoi il retourne et pourquoi nous contestons fermement la validité de cette élection.
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