Mercredi 17 octobre 2007
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La loi Perben 2 de 2004 a institué des stages de citoyenneté destinés aux personnes condamnées qui ont choisi d’effectuer un TIG plutôt
qu’une peine plus « classiques ».
Depuis maintenant près de deux ans, le Tribunal de Bobigny fait parti des premiers tribunaux de France à utiliser ces stages. Ceux-ci se
déroulent environ une fois par trimestres et rassemblent à chaque fois une dizaine de condamnés.
Il y a environ trois semaine le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Prévention (SPIP) m’a demandé de participer à ces stages dans un module
appelé « élus et citoyenneté ». Celui-ci avait lieu hier après-midi.
Le stage est sous le contrôle d’un psychologue et d’un sociologue dont le rôle est à la fois de cadrer, de relancer les discussions mais aussi
de suivre les progrès des « stagiaires ».
Je suis donc intervenu une après-midi durant avec monsieur Dubaut, sous préfet de Saint-Denis, monsieur Molossi responsable d’une association
de Montreuil et monsieur Tabid président d’une association de Pierrefitte.
Les « stagiaires » avaient des parcours divers, que je ne peux évoquer bien sûr, allant du récidiviste de faits mineurs à celui qui
conduit sans permis après avoir perdu ses points.
L’objectif de nos interventions était de leur parler de ce que l’on faisait, de notre engagement au service des autres et de leur permettre de
décrypter une machinerie publique complexe, qui, il faut l’avouer, est parfois peu efficace.
Les discussions ont beaucoup porté sur l’accessibilité des élus, un bondinois racontant comment en 5 ans de relance il n’avait jamais obtenu de
rendez-vous auprès de son maire, et sur l’écoute des politiques vis-à-vis des associations ou simplement du citoyens ordinaire.
Les questions du logement sont venues également sur la table, montrant si besoin était ; les stagiaires étant très majoritairement de
Saint-Denis, et des communes limitrophes, que ce problème n’a ni couleur politique, ni frontière en seine-saint-denis.
Beaucoup ont évoqué le besoin de rénovation et de mixité sociale admettant également la très grande nécessité de réunir les conditions de
sécurité pour que cela puisse se faire et durer.
Enfin alors que beaucoup considéraient, et tant mieux, que la discrimination n’était plus vraiment le problème majeur, ils regrettaient tous le
jeu considéré comme malsain des médias qui consiste à caricaturer à l’extrême le 93 comme un far-west livré aux hordes de sauvages.
Je ne peux décrire ce qui doit rester confidentiel, mais je voulais ici signaler ce qui est une très bonne conséquence de la loi Perben 2, et
une excellente initiative du tribunal de Bobigny.
Je renouvellerais certainement l’expérience avec le SPIP, car j’y trouve moi-même un très bonne espace de discussion avec des citoyens, qui ont
commis une erreur et qui ont besoin en plus de la sanction de comprendre le « système » et d’y trouver leur place.
Vous avez dit ...