La période qui vient de s’écouler a été pour moi à la fois riche et utile.
Depuis le mois de janvier jusqu’à l’élection de Nicolas Sarkozy, j’avais la tâche d’organiser, pour Aulnay et Pavillons sous bois , la campagne présidentielle.
Elle fut bien remplie. De nombreux contacts ont été pris, de nouveaux visages sont venus grossir nos rangs, le nombre de nos adhérents a carrément doublé.
Elle fut aussi l’occasion de constater l’attente forte, des aulnaysiens comme des français, du changement, mais pas vers une société ou responsabilité, effort, et intérêt général n’aurait plus
leur place. Beaucoup d’aulnaysiens ont marqué aussi leur attachement à voir cette ville évoluer vers un modèle mieux régulé, plus serein sans céder aux sirènes de ceux qui déversent simplement
les bons sentiments pour mieux faire accepter la misère ou la détresse.
Au travers de dizaines de réunions chez les aulnaysiens eux-mêmes qui recevaient leurs élus pour discuter à bâton rompu sans même avoir les mêmes opinions politiques fut un pas important.
En effet, je suis habitué à voir beaucoup de mes concitoyens sur des sujets précis et dans le rôle de l’élu, je fais finalement peu de politique partisane. Il ne paraissait pas évident de prime
abord que même dans un contexte électoral fort, ces mêmes concitoyens parleraient de politique partisane sans que les grandes « oppositions idéologiques » habituelles ne ternissent les
discussions. Eh bien, cela fut une belle opportunité de raccrocher beaucoup de nos concitoyens à la politique.
La campagne législative qui s’engagea ensuite fut aussi riche en rebondissements tant le résultat pouvait être incertain. Les divisions à droite n’ont pas permis à la majorité de faire son
meilleur score et beaucoup de voix se sont égarées entre les deux tours.
En face, notre adversaire s’est senti poussé des ailes par le score surgonflé de madame Royal et le forcing qu’il fit lui permis cette fois de faire jeu égal avec notre candidat. Admettons bien
volontiers, en bon démocrate, qu’il a fait une campagne redoutable, bien organisée et qu’il est arrivé devant de quelques 200 voix à Aulnay.
Devons-nous pour autant craindre la suite ? Personne n’a de réponse à la question qui sera posée aux aulnaysiens en mars prochain, mais à chaque élection tout est à refaire et les compteurs
sont à nouveau remis à zéro.
La majorité municipale a plusieurs atouts dans sa manche et l’on sent chez l’opposition une certaine tension interne qui laisse augurer de belles difficultés pour les futurs candidats.
Le bilan municipal est plutôt bon, et sans dévoiler ce que la campagne évoquera, je voudrais retenir trois choses importantes.
D’abord la ville a mis aujourd’hui en route la plus grande transformation urbaine qu’Aulnay ait connue. A travers le programme de rénovation urbaine du nord de la ville, les plans
de sauvegarde des grandes copropriétés de l’est, la création au sud d’un grand parc nouveau, le parc Faure, la rénovation des berges du canal, c’est toute la ville qui va se renouveler. Il
ne reste guère que le projet du centre-gare, la mutation de l’ancien hôtel des impôts, les projets de crèche et de structures sportives au sud qui manquent encore à l’appel mais qui vont voir
leur tour venir.
Ensuite sur le plan festif, la ville a crée de grands évènements pendant lesquels les aulnaysiens se retrouvent chaque année plus nombreux avec bonheur. Rappelons-nous des fêtes à caractère
sportif avec la perche aux étoiles, la corrida pédestre. A caractère culturel avec les journées du patrimoine, la fête de la musique, ou encore le festival de fanfares militaires. A caractère
social ou caritatif avec le téléthon, les journées de l’exploit, les fêtes de quartier. Enfin à caractère environnemental avec la fête de l’arbre, l’exposition d’orchidées, une journée à la ferme
ou la fête des villes et villages fleuris. Chaque fois des milliers d’aulnaysiens se croisent heureux que cela se passe à Aulnay-sous-Bois.
Enfin sur le plan économique et social, la ville redresse la tête. Malgré les moments difficiles vécus, les entreprises continuent à s’installer à Aulnay, des aulnaysiens toujours plus nombreux,
surtout des jeunes, y créent leur entreprise, et l'ANPE annonce une forte baisse du chômage à Aulnay, ce qui montre enfin que la politique de fond menée depuis plusieurs année porte ses
fruits.
Beaucoup de quartiers éprouvent encore de nombreuses difficultés et le fait de mettre enfin en cohérence les dispositifs de cohésion sociale, de rénovation urbaine et de création du tissu
économique va permettre d’aller dans la bonne direction plus rapidement qu’auparavant. Il était temps que l’Etat donne les moyens, dans ces domaines qui ne sont pas à proprement parler de la
compétence des villes, d’agir au plus près.
Et qu’est-ce qui ne va pas alors, me dira-t-on ? La mauvaise réputation que nous ont taillé les médias ? Le fait que la délinquance des jeunes se poursuive ? L’ignoble affaire du
CMMP ? Le fait que les transports en commun soient saturés et ne prennent pas en compte la totalité du territoire d’Aulnay ? Le fait que beaucoup trop de gamins ne soient pas encadrés
par leurs parents et ratent leur scolarité ? Le fait que beaucoup de gens se sentent perdus malgré un incroyable foisonnement de dispositifs sensés les aider ?
La liste peut être longue et nul doute que l’opposition s’en saisira. Mais à cet égard il faudra être prudent car si jamais je ne recule devant mes responsabilités je sais aussi le poids de celle
des autres. Aulnay est en Seine-Saint-Denis département sinistré et géré depuis près de 45 ans par les mêmes, peut-être est-ce lié ? Aulnay est une grande ville, autant que 3 arrondissements
de Paris sans avoir les mêmes moyens. Aulnay a un lourd héritage urbanistique laissé par l’ancienne majorité.
Je veux donc attirer l’attention des lecteurs et électeurs. Aulnay n’est pas une île pour laquelle le roi aurait tout pouvoir et sans partage. Il faut souvent conjuguer avec les autres et parfois
même se battre pour sauvegarder nos spécificités. Que chacun compare avec le reste des villes du département pour savoir si sur les questions difficiles, nous faisons mieux ou pire que nos
voisins de taille et caractéristiques identiques…
Ce qui nous distingue est encore à sauvegarder, le moule du 93 forgé à la faucille et au marteau n’est pas vraiment des plus reluisants. Résister, c’est encore exister.
Vous avez dit ...